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Acte V : Les correspondances

Lettre du front n°2016 – Les solitudes de l’hiver

Lettre du front n°2016 – Les solitudes de l’hiver
Lettre du front n°2016 - Les solitudes de l'hiver
Photographie Alexandre Fambo ©

Ma chère Louise, mon enfant, mon ange.

Je t’écris cette lettre du front où la guerre fait rage afin de te faire parvenir le déroulé brut de mes émotions humides. C’est le vent froid de mes pensées qui souffle sur mes espérances et mon seul oxygène ici est l’odeur de ma plume. Tu trouveras dans mes correspondances les échantillons de mes rêves décomposés, je reste persuadé que tu pourras reconstruire le puzzle de ma vie estropiée. Je t’en sais capable car personne d’autre que toi ne pourrait me comprendre. C’est l’ADN de mes sentiments qui coule dans tes veines telles les larmes d’une vie à la déveine.

Ma chère enfant, voici l’hiver des émotions amères qui aiguise ma plume de vers. Des mots, noirs de peur, tachent les lignes blanches de ma vie le long des pages vierges quand la peine envahit mes souvenirs. J’ai grandi loin de la mer, à l’abri du besoin, mais dans l’ombre de l’amour du père. J’ai dû jeter l’ancre du bonheur à l’automne de mon enfance. J’ai vu le bonheur prendre le large avec mes rêves d’enfant sur les quais sombres de ma mémoire. Il y a longtemps déjà que j’ai voué le sort de mes rêves à la mort. Souvent, le vent de mes souvenirs douloureux porte le fracas de mes peines silencieuses. En effet, J’ai dû forcer l’oubli de la voix de la mer, pour diriger mes voiles vers des terres inconnues. Et des vents contraires qui soufflaient dans mon esprit, j’ai dû implorer la fatalité de l’être démuni.

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Acte II : Les émotions

Mourir demain

mourir demain

Mourir demain sur la senteur
Des parfums de mon enfance,
Embrasser la mer de bonne heure
Et, jouir des joies innocentes.

Que j’aimerais suivre l’odeur
Des rêves à l’encre couleur
Et, mourir demain de bonheur
Sur le parchemin des splendeurs!
Vivre sur les lignes
D’un carnet de voyage
À la candeur des cygnes
Et des passions sauvages.

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Acte II : Les émotions

La solitude et le vent

La solitude et le vent

Dans un moment de solitude, il m’arrive parfois de rêver du vent. Le vent m’émeut alors que je ne peux ni le voir, ni le sentir.

La solitude a plusieurs vertus, elle n’est pas uniquement le sentiment négatif que la plupart des gens lui confèrent. En ce qui me concerne, elle a toujours nourri mes pensées, m’a toujours inspiré et, parfois même, promis un ailleurs difficile à atteindre. Sa dangerosité réside en ce qu’elle nous permet une rencontre avec nous-même alors que, bien souvent, nous essayons de nous fuir. Les confrontations du moi sont des moments désagréables à vivre.

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Acte V : Les correspondances

Le temps long de mes déchirures

Le temps long de mes déchirures
Le temps long de mes déchirures
Photographie Alexandre Fambo ©

L’angoisse frémit dans mes pensées, des mots à l’encre noire éclaboussent mon esprit et le temps me déchire de sentiments macabres. J’avance à la dérive comme un radeau en plein naufrage. Mon rêve est un rivage où mon âme espère s’échouer mais les lumières du phare masquent ma destinée.

C’est loin des terres fertiles, à l’abri du soleil ,que mes rêves ont poussé. Comme la mauvaise herbe dans un champ de passion, j’ai nourri ma vie à l’engrais de l’espoir. C’est le temps qui me déchire, c’est le temps geôlier et inquisiteur de ma souffrance. Le temps arrache chaque page de ma vie comme un brouillon et me fusille à coup de peine. Il est l’ombre ineffable de ma vie qui fait trembler en silence mes rêves. D’aucun lieu où je me cache ne me protégera du sort qui me guette car je suis la poussière et il est le balai que je redoute.

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Acte III : Les saisons

Le vent de l’automne souffle dans nos cœurs

le vent de l'automne
Photographie Alexandre Fambo ©

Avant-propos
Il y a des vents doux et frais comme des premiers baisers,
Des vents timides comme les retrouvailles de deux âmes sœurs,
Des vents qui soufflent à l’envers pour dévier nos pleurs,
Et des vents humides et salés comme les larmes des cœurs brisés.

Il y a des vents qui nous aveuglent comme l’amour,
Des vents qui nous charment comme des troubadours,
Des vents qui nous renversent comme des nostalgies amères,
Et des vents des océans qui nous donnent le mal de mer.

Certains cœurs ont connu de faux émois,
De faux rêves et de fausses joies.
Maintenant, seul le vent peut les émouvoir
Car Il souffle et remet leurs sentiments à l’endroit.

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