Acte II : Les émotions

Note du jeudi 3 avril 2008

Note du jeudi 3 avril 2008

C’est le printemps, les rayons de soleil s’abattent sur moi comme sur un pavé solitaire, au loin une mélodie, une voix, j’avance, une place publique.

Au fond de la place, un homme avec une voix d’opéra, accompagné par une mélodie mélancolique, exécute quelques poussées vocales. Je suis seul, à moitié égaré, je me cache derrière un arbre, je me protège du soleil.

Dans le ciel, dans les arbres, les oiseaux chantent. Sur la place, les hommes passent, s’arrêtent pour regarder cet homme d’opéra fredonner à haute voix. Sa voix m’emporte plus haut que le bruit de la pendule de l’église qui m’indique qu’il est 13h30.

C’est la ronde autour de lui, je suis masqué, je suis toujours là, caché derrière cet arbre. J’ai peur de ma solitude. Ces femmes et ces hommes que le temps a usés sont là à l’écouter chanter. La musique les emporte, les transporte, dans un autre espace-temps, sans doute dans la galaxie des souvenirs enchantés. La note musicale nous berce comme un bateau en mer, le va-et-vient des aigus et des graves de sa voix rend mon cœur honteux de sa solitude. Il me parvient au loin quelques vers de Baudelaire ” Emporte-moi wagon! Enlève-moi, frégate ! /Loin ! Loin ! Ici la boue est faite de nos pleurs! ” Ici mon cœur est trempé par le désespoir.

Ô Paris, ma capitale, tu es belle et attirante, les hommes se posent dans tes jardins comme des abeilles dans une ruche et moi je marche seul, presque en larmes, dans tes sombres rues écarlates. Et oui comme toujours mon cœur s’enivre dans une solitude que tu ne connaîtras jamais. Ô mon beau Paris capitale musicale! Ô mon cœur symphonie des douleurs et de la mélancolie.
Protégé par l’arbre, invisible au monde et au bonheur des couples qui se tiennent par la main, s’enlacent et s’embrasse.

Je ferme les yeux j’imagine le monde sur pause, j’imagine que chaque vibration sonore, chaque particule de son de sa voix, résonne sous mes pieds et crée du vide.

Hélas, j’ai beau écouter, j’ai beau imaginer, j’ai beau rêver, j’ai beau écrire, penser, dire et faire, mes pieds ne décollent pas du sol.

Pas de Commantaires

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