Acte II : Les émotions

La solitude et le vent

La solitude et le vent

Dans un moment de solitude, il m’arrive parfois de rêver du vent. Le vent m’émeut alors que je ne peux ni le voir, ni le sentir.

La solitude a plusieurs vertus, elle n’est pas uniquement le sentiment négatif que la plupart des gens lui confèrent. En ce qui me concerne, elle a toujours nourri mes pensées, m’a toujours inspiré et, parfois même, promis un ailleurs difficile à atteindre. Sa dangerosité réside en ce qu’elle nous permet une rencontre avec nous-même alors que, bien souvent, nous essayons de nous fuir. Les confrontations du moi sont des moments désagréables à vivre.

« Le vent a l’âge de la terre si ce n’est plus, se renouvelle-t-il ? Ou est-il un processus permanent de recyclage ? Dans ce cas, nous pouvons comprendre la nostalgie… je respire l’air du XVIIIe siècle. »
Le vent me sert souvent de transporteur quand la solitude me permet l’ailleurs. Dans cet ailleurs, le vent a plusieurs couleurs et une odeur. Il change de couleur au cours de la journée et répand dans ma vie un parfum de sérénité. Il a transporté beaucoup d’émotions dans mon cœur d’enfant.

« Parler du vent c’est évoquer la notion du coup de foudre… dans chaque coup de foudre, le vent a toujours joué un rôle. »
C’est dans la solitude que nos mauvaises pensées se manifestent, moi, j’ai le vent comme ange gardien. C’est le vent qui vole mes souvenirs et c’est lui qui les fait voyager. Il arrive parfois qu’il me console d’une tristesse en déviant mes larmes. C’est encore lui, le vent, qui vient me réconforter dans ma solitude en m’offrant quelques caresses de sa main invisible.

« Souvent il me prend l’envie de dire que j’aimerais fuir comme le vent, aller ailleurs et partout à la fois. »

Je ne suis plus un secret pour le vent – c’est sûr que le vent connaît mon histoire – ce que je suis, ce que je vis, ce que je pense et ce à quoi j’aspire. Il est devenu mon confident et mon messager, je lui souffle quelquefois de rares secrets qu’il n’a su percer.

« Dans cet illustre espace qu’est la terre et où le temps apparaît comme une contrainte fondamentale. Tout se mesure dans et avec le temps, il devient plus que normal que nous ayons une autre unité de grandeur, la valeur du vent. A quelle intensité souffle-t-il dans nos cœurs ? À quelle fréquence nous aveugle-t-il de sa beauté ? Pouvons-nous avoir la même représentation de celui-ci ? »

Le vent nous unit malgré nos volontés et nos différences. Il a le pouvoir de souffler en tous lieux et la force de faire le lien entre la nature et nous-même. Le vent conducteur de parfum, comme source de plaisir olfactif, comme créateur d’émotion. Le vent souffle la beauté sur nos visages, nous aveugle presque souvent. Il souffle sur nous comme sur des voiles pour nous permettre d’avancer, nous l’invoquons par la pensée dans chaque moment d’ivresse. Le vent est un dieu invisible.

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