Acte I : Les amours

J’ai laissé tomber des mots d’amour sur mon chemin

Je vous conseille de mettre cette musique en arrière-plan avant de commencer la lecture de cet article, car c’est le rythme de cette musique qui m’a inspiré : Chère Louise – Georges Delerue.

C’était un soir d’automne, ce soir là, un léger vent frais soufflait sur les branches des arbres et les feuilles mortes, d’un jaune brillant, ornaient la route qui me servait de chemin. Je marchais sur les trottoirs les bras écartés et la tête rivée vers le ciel. J’étais comme poussé par l’espoir. Peu à peu je sentais se dissiper l’épaisse couche de brume qui enveloppait mon cœur. Et au fur et à mesure que mon cœur retrouvait la vue, je me perdais dans mes souvenirs. Je voyais apparaître face à moi, le visage de cette fille que j’avais rencontrée un soir en hiver autour d’un repas chaud.

Tout ce qu’il me reste d’elle c’est son sourire et sa beauté. Car en effet depuis ce jour là, ma mémoire est devenue une pellicule, sa beauté un flash et son visage un vieux cliché. Son parfum, que dire de son parfum si ce n’est qu’il avait l’odeur de la nouvelle-Orléans ; un peu de jazz, de saoul, de country et cela me faisait monter les larmes aux yeux. L’entendez-vous la musique ? Elle frappe comme un souvenir, comme un douloureux souvenir. Si je pleure, ne me secouez pas! Si je ris, Ne me croyez pas! Et si je chante, aidez-moi…

Avec le temps on finit par comprendre que le plus important n’est pas de savoir de qui nous allons tomber amoureux mais comment. Car l’amour est imprévisible, aussi imprévisible qu’une femme. Dans le film 2046 de Wong Kar-Wai il est dit que « les souvenirs sont des traces de déchirures » et si ces souvenirs me reviennent aujourd’hui, peut être qu’ils masquent une déchirure profonde, celle d’un acte inachevé.

Toujours est-il que la solitude de nos espoirs amoureux sonne à chaque fois le déboire de nos cœurs et abîme nos visages heureux. C’est ainsi alors que le doux chagrin de notre solitude nous emporte sur la rive de la servitude. C’est bien pour cela qu’il est parfois nécessaire d’arrêter l’amour, de sécher nos larmes et de pisser sur le temps.

Je n’ai jamais cessé de laisser tomber des mots d’amour sur mon chemin, car je savais qu’un jour je pourrais dire : « j’ai aimé ! ».

Pas de Commantaires

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