Avant-propos

Les confidences d'un frustré romantiqueLes confidences d’un frustré romantique

Il est impossible de rester sain toute sa vie, la pureté de l’âme est un fantasme.

Je me suis toujours considéré comme un raté inconscient, un raté qui se fait toujours écraser par le poids de ses rêves.

J’ai toujours voulu être un « puceau intellectuel » qui n’avait qu’un seul désir, celui d’apprendre un peu plus sur lui-même et sur les autres. C’est par là que me venait la connaissance de mes aspirations et de mes désirs. Quand on avance dans la connaissance de soi, des autres et finalement de la vie, on se livre à un « dépucelage intellectuel ». Impossible dès lors, de rester un modèle pour soi ou même pour les autres. L’apprentissage de la vie nous apprend surtout à repérer nos vices. Les vices de la vie sont des instants subliminaux. Certaines personnes en côtoyant ce sentier de la vie retrouvent leur génie (la marque de leur spiritualité) et d’autres en l’occurrence le perdent. Mais cela importe peu car ce qui compte c’est l’ivresse de l’instant T, un trou noir dans un moment de réalité où tout devient possible.

Je sais par expérience que ce sont des petites choses sans conséquence qui nous font perdre notre spiritualité. Des petites choses qui mises bout à bout tissent la toile de notre vie. « Inutile de vous dire que j’avais vocation à marcher sur le droit chemin mais sans chemin il m’est devenu impossible de marcher droit. C’était plus facile de se perdre ».

Etre un frustré romantique (en soi) n’a rien de péjoratif, si on l’admet et l’accepte. La frustration est une rencontre échouée entre les désirs et la réalité. Quand nos désirs ou nos rêves s’effondrent face au poids de la réalité, elles entrainent avec elles notre spiritualité.

Ma frustration est tellement grande que, la nuit, mes pensées chassent le sommeil. Je ne compte plus les nuits sans sommeil, les nuits inertes à me pavaner sur mes envies, mes peurs, mes peines, mes réussites et mes échecs. Chaque sentiment en appelle un autre et je dois les disséquer un à un.

L’écriture, ma plume, ma confidente, m’a permis de canaliser tous ces sentiments. « C’est sur des feuilles blanches que j’ai laissé mes premiers rêves colorés ».  Je reste persuadé que les mots sont fragiles comme nous et délicats comme nos pensées. Eux aussi, ont des émotions, c’est peut-être pour cela qu’ils nous échappent de temps en temps.

Ecrire c’est se contempler, c’est faire un examen de conscience, c’est laisser derrière chaque mot un code de notre inconscient.
L’écriture est un acte courageux car elle permet de dévoiler ses frustrations et de les assumer. Elle n’est pas seulement une utilisation audacieuse, prétentieuse, objective ou subjective des mots et de nos pensées, mais aussi un exercice psychanalytique. Cet exercice psychanalytique va bien plus loin que ce que nos pensées veulent nous faire dire ou croire. Il s’agit par l’écriture de permettre une contemplation du
« moi ».

Dans la contemplation du « moi », on peut se livrer soit à une entreprise d’auto-flagellation soit à une valorisation de soi. Dans les deux cas, il est possible de repérer à travers nos mots, les maux et les questions qui nous tourmentent.
L’inquiétude, l’impossibilité d’entrevoir l’avenir, l’amour sont, pour moi, des domaines qui regorgent de frustrations.

L’écriture est pour moi une sorte de thérapie. Je l’ai dénommé : la thérapie de l’oublie. Durant ma thérapie (dans l’acte de l’écriture) je me confesse, je me soulage d’un poids, d’un sentiment ; l’amour, la haine, la joie, le bonheur etc… Parallèlement, la question sociale se ressent d’elle-même ; quelle est ma place dans cette société ? Que dois-je espérer d’elle ? Que peut-elle espérer de moi ? Je réalise que dans mes articles (confessions), une seule ambition m’a toujours motivé, celle de me contempler, celle de mieux me comprendre et de me connaitre. Et qu’à travers cet exercice, il m’était plus aisé de connaitre l’autre.

La société est moins pudique qu’autrefois, elle se sent libérée des contraintes sociétales et familiales. Aujourd’hui, elle se sent libre de ses émotions. Cela je pense, a contribué à créer un désenchantement du moi dans lequel l’extravagance (masquée ou apparente) est le maître mot. L’effet de médiatisation aussi a pris une place importante dans nos sociétés. La place publique est devenue une scène importante. Désormais, nous ne désirons que prouver notre rôle, nous affirmer, nous montrer aux yeux du monde. Une sorte de « coucou, je suis là, j’existe, regardez-moi ».

Je crois désormais que la frustration est le mal du siècle, j’ai décidé de faire part des miennes et de les rendre romantiques et accessibles. Ces sentiments sont autant de temps émotionnels que j’ai décidé de regrouper en plusieurs «actes».

Pas de Commantaires